C’est là que mon cerveau revient à lui, putain, merde, je vais être en retard, Chipette !! Oh mais la moitié de mon sac est étalé autour de moi, ramassons et avançons. 

Ahhhhhh, bord d’aile de merle en short à plume, j’ai hyper mal, je dois avoir une belle plaie.

  • Maman, on est arrivés (8h41) t’es où ?
  • J’arrive, mais même à pied c’est un praticable pas à rien (message retranscrit tel quel)

OK, pressons un poil le pas… 8h46 l’air de rien, ne boitons pas, tiens ma puce, voilà la pochette, ils ont ouvert la queue il y a longtemps pour les rendez-vous de 9h ? Non, juste y’a deux minutes. Waouh punaise, la queue !! Euh bonjour N, à tout à l’heure Chipette.

  • Alors N, ça a été hier ? (putain, j’ai mal, je veux une clope, fouille son sac, putaiiiiin, mes clopes).
  • Oui, on a mangé une pizza, puis on est rentré regarder des séries.
  • Bon, j’ai plus de cigarettes, je vais aller en acheter (et trouver une pharmacie aussi, mais je vais rien dire aux jeunes, Chipette c’est ok, elle est plus là, mais faudrait pas que ça fasse stresser) Mais bon, comme y’a rien dans le coin à part des cars de flics, j’en ai pour 20 minutes je pense.

Et de fait, le couple tabac pharmacie le plus proche est annoncé à 946m, ce qui à mes yeux, et surtout à mon genou, parait un marathon !

Non mais quand même, fallait que ça m’arrive dans le seul quartier de Paris ou y’a rien, que dalle, nada, pas un troquet, pas une meule, le désert désertique ! N’empêche que je suis toxico et handicapée, il me faut des clopes et un pansement ou l’inverse. Alors, je rassemble mon courage et je pars en quête de mon saint Graal du jour. Presque 9h00, je m’éloigne, en prenant soin de cacher ma boiterie, et une fois hors de vue de la jeunesse, je relève mon pantalon.

Ahhh ouais, quand même, il ressemble à ça le genou, ça explique pourquoi j’en chie et ça confirme le besoin de désinfectant et de pansement, c’est sûr ça ira beaucoup mieux après.

Clopin, clopine, cahotant à l’aide de la carte affichée sur le téléphone (cette fois, il a pas disparu, pas comme les clope, pas comme un certain Noël, un peu d’originalité que diable !!) ; je ne croise que barrières en métal, parisiens, et maréchaussée. Je décide d’engager la conversation avec l’un des bleus #NotAllCops, afin de lui demander s’il a connaissance d’une pharmacie proche (espérant secrètement que le téléphone aurait loupé une info). Le jeune planton, fort sympathique au demeurant, me répond par la négative, me propose de regarder sur son tel, et va même jusqu’à s’excuser de ne pouvoir quitter son poste pour me conduire à l’officine.

Bredouille, ou plutôt broucouille, je reprends ma route, en direction du croisement rue de Matignon et Faubourg Saint Honoré. Le nom de la rue me donne des hauts le cœur, ou peut-être est-ce la douleur ? Les deux raisons étant aussi valables l’une que l’autre, je décide de ne pas trancher le sujet, et entre dans la pharmacie.

  • Bonjour Monsieur, je souhaite de quoi faire un pansement (montre mon genou)
  • Euh, oui, Machine, tu peux venir voir ?

(Dans le dedans de moi, encore quelques traces de lucidité, « évidemment, un pansement c’est pour madame *yeux aux ciel* »)

  • Ah oui, va falloir désinfecter, vous pouvez vous assoir (montre la chaise dans un petit coin au fond de la pharmacie)

Pendant que Machine va chercher le matos, me voilà en train de déposer mon sac à main et mon sac à dos, et de poser mon auguste fessier, constatant, non sans quelques hoquets de douleur, qui plier le genou est un enfer.

Pschitt pschitt l’antiseptique qui pique pas (ouais, qui pique pas, qui pique pas, c’est vite dit !), tapote tapote

  • Euh, vous auriez un sucre et de l’eau, ça va pas là

Machine m’apporte tout ça et finit le pansement. Je regarde l’heure, pense à Chipette, faudrait pas qu’elle sorte et que je sois pas revenue. Faut que je reparte, sueur froides et bourdonnements dans les oreilles finiront bien par disparaitre, nanmého, ça va, je suis pas une faible moi, le malaise vagal, c’est pour les faibles, d’ailleurs, dans les films, avec un bras arraché, ils tombent pas dans les pommes, alors c’est pas un bobo au genou qui va m’arrêter !

Vacillante, je sors de là, je vais vers le tabac, parce que bon, faut pas rêver, je suis pas sevrée pour la cause. Et direct, je m’allume une clope, avec comme idée complètement déconnante que « ça va me faire du bien ».

Ça va me faire du bien ? Mais Laurier, t’es sûre que la tête a pas cogné non plus ? Nan parce que là, t’es toujours à deux doigts de tomber dans les pommes (ou n’importe quel autre fruit d’ailleurs), t’as un kilomètre à pied à faire pour rejoindre ta fille, et tu crois qu’une clope va sauver les meubles ??!!

Finalement, ce sera plus l’air frais du petit parc que je traverse qui me fera du bien, et l’objectif d’être sur place avant la sortie de Chipette qui me fera tenir.

Mission accomplie, à peine le temps de dire à N que je me suis explosé le genou et que c’est pour ça que j’ai été plus longue que prévu, que Chipette sort, sans son passeport, avec en main le papier qui dit que tout est en règle, mais faut vérifier les réseaux. Ça se voit qu’ils connaissent pas Chipette à l’ambassade, vérifier les réseau de Chipette ça prend 15 secondes, y’a juste des photos de bibliothèque, de coloriages et de Légo … Quoi que … merde, les livres, ça pourrait être un motif d’exclusion de visa ça, la culture ? non ?

Bref, il est 9h45, le train est dans 6h, Chipette a prévu de passer la journée avec son copain, et moi … bah moi, mon projet initial, aka flâner et trouver une expo ou un truc à voir semble avoir autant pris l’eau que le kiosque à journaux de la scène finale de « sous la Seine ». Je leur souhaite donc une bonne journée, pose mon cul sur un banc, et fume … Un peu de négo avec moi-même et ma décision est prise. La journée à lire à côté de la gare, mais d’abord, une boisson chaude, de la bouffe (histoire d’éloigner définitivement le vagal proche) et de la glace. Sauf que … je le rappelle, je suis dans le quartier du néant commercial. Dans mon malheur, y’a quand même une lumière au bout du tunnel : la ligne 12 place de la Concorde, le métro le plus proche, avec cet avantage non négligeable d’être direct pour la gare. Bon, bah, sparti …

Ahhhh, le métro parisien et ses escaliers, à monter, à descendre … Quel enfer !! Sortie de métro, coup d’œil circulaire, déconvenue, le machin le plus proche c’est un Starbuck (bien que ça reste dans le thème du jour, c’est moyen ma came, sauf que là, ça commence à urger de se poser). Soit, Starbuck ce sera.

Je rentre, politesses d’usages, je demande un café, un croissant et des glaçons dans une serviette, s’il leur plait.

Malheureusement, je dois me rendre à l’évidence, il ne leur plait point, puisque j’obtiendrais comme réponse qu’ils n’ont pas de glace.

Wait … What ? t’es Starbuck, tu fais du milkshake, du café frappé, et t’as pas de glace ??  Nan mais allo quoi !

Tant pis, je vais en profiter pour charger le téléphone quand même.

Ah ouais, mais donc, ils ont pas de glace, ils savent pas faire le café, ils savent pas faire les croissants, et en plus les prises marchent pas !! c’est vraiment nul, nul, nul. Windows à côté c’est hyper efficient ! Comment ça je suis de mauvaise foi, liée probablement à de la mauvaise humeur ? M’en fout, c’est même pas vrai, puis je vais aller me plaindre sur Masto, ça va me changer les idées !

Tags:

No responses yet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *